Politique

Eric Videlier
Eric Videlier, EA

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Journaux de campagne

2020, une prise de conscience

Cette année a été propice aux réflexions sur ce qu'était ma vie dans le monde d'avant la pandémie, à tous les changements qu'il a fallu faire pour s'adapter à la crise sanitaire dans de nombreux domaines (personnel, associatif et professionnel), et à faire le point sur quelles seraient mes priorités dans le monde d'après la pandémie, qui voyait déjà se profiler une suite de crises financières, économiques, sociales, climatiques... et même d'autres crises sanitaires.

Crise... un mot qui peut être angoissant, car synonyme de bouleversements, de changements drastiques, mais aussi d'insécurité vis-à-vis de nos revenus et de notre avenir. Mais toute crise est avant tout à voir comme une opportunité de changer.

Echallens, depuis des années, a commencé à perdre son âme, les différentes autorités appliquant comme tout le monde les bonnes vieilles recettes qui ne visaient qu'à une croissance sans fin: fermes remplacées par des habitats collectifs; mobilité relativement modérée virant à une sur-mobilité frénétique et revendiquée comme un droit divin; chemin de fer n'offrant plus qu'un service minimum réduit à déplacer des masses de pendulaires; sans oublier les terres agricoles sacrifiées sur l'autel d'une urbanisation subie. Enfin, le constat que les autorités successives non seulement mettaient la population devant le fait accompli sur de gros projets destinés à changer radicalement la commune, mais qu'en plus d'être sourdes aux inquiétudes des citoyens impactés, elles décrédibilisaient ceux qui avaient l'outrecuidance de penser différemment. Les oppositions croissantes et le référendum concernant le site du futur gymnase en ont été le révélateur: L'Entente ne voulait pas entendre les citoyens...

La volonté de reprendre mon avenir citoyen en mains m'a décidé à m'engager plus en avant dans la vie de ma commune: Echallens. Raison pour laquelle j'ai décidé de me présenter aux élections pour le Conseil communal en 2021.

Des convictions

Tout d'abord, je crois que nous devons évoluer et en venir à une vraie démocratie directe. Aux niveaux cantonal, fédéral et européen, les jeux de pouvoirs et les lobbies sont puissants et refusent fortement tout changement qui les affaibliraient; c'est au niveau communal qu'il faut agir, partant du principe qu'il est plus facile de faire changer le cap à une barque qu'à un paquebot.

Nous avons besoin d'une démocratie directe et donc participative. Dans nos structures légales actuelles, nous sommes contraints à une démocratie représentative: le citoyen n'est libre que le jour du vote ou de l'élection, signant quasiment un chèque en blanc à ses représentants; or, je considère qu'un élu se voit déléguer un pouvoir qui ne cesse d'appartenir en dernière instance à l'ensemble des citoyens.

La priorité doit être d'atteindre ou d'approcher une résilience aussi forte que possible: approvisionnement en eau potable, productions vivrières, productions matérielles nécessaires à l'économie locale, environnement naturel protégé et réhabilité... Cela passe par le soutien communal aux fermes en production BIO et aux producteurs pratiquant la permaculture, par la réhabilitation de cours d'eau naturels et de haies, la protection des sources contre toute pollution, la favorisation des PME et commerces locaux par rapport aux grandes entreprises et grands distributeurs, la facilitation des déplacements piétonniers et cyclistes en réduisant les surfaces allouées au transport motorisé individuel et aux camions et en organisant les transports publics. Ici aussi, la liste est longue, et elle fera l'objet dans les semaines à venir d'une liste détaillée des problèmes que j'ai déjà relevé et des solutions que j'envisage pour y remédier.

Les changements sont nécessaires et même indispensables. Par contre, je ne pense pas qu'on puisse le faire dans des structures partisanes telles que nous les connaissons aujourd'hui. Les partis ont pour habitude de diffuser leurs mots d'ordre et s'organisent autour de doctrines généralement impossibles à changer tant elles les caractérisent, et à leur tête les responsables ont opté pour une carrière politique. Or, je considère que dans une démocratie, le choix permanent et final doit appartenir aux citoyens et non aux appareils partisans qui sont influençables par la puissance des lobbies. Je préfère de loin un mouvement citoyen à l'échelle communale et ne devoir rendre des comptes qu'aux citoyens.

Une candidature

Tout ce qui précède, conjugué au fait que 2021 voit s'ouvrir une nouvelle législature qui se doit d'être celle des grands changements, m'ont convaincu qu'il était plus que temps que je consacre une part croissante de mon temps à cela. Je le dois pour mon propre avenir, mais aussi pour celui de l'ensemble des citoyens composant notre commune et, au-delà, de notre district et région du Gros-de-Vaud; je le dois surtout pour les générations montantes à qui nous nous devons de laisser un environnement qui leur permette non seulement un avenir mais aussi d'avoir eux-mêmes des moyens pour aller plus loin vers un monde si possible meilleur.

Restait à déposer ma candidature dans une structure qui correspond à ma vision de la politique communale. Cela exclut tout groupe politique affilié à un parti, quel que soit son bord, considérant ces entités comme ayant toutes plus ou moins participé à ce qui nous a mené à la situation actuelle, soit par leurs décisions, soit par leurs absences de décisions. En clair: pour régler les problèmes actuels et à venir, ne pas s'appuyer sur ceux qui nous ont mené dans ces problèmes! Exit donc le SVI (Socialistes, Verts et Indépendants) et le parti UDC-PAI (Paysans, Artisans et Indépendants)...

L'Entente communale? Assurément pas. Les votations sur le futur gymnase d'Echallens ont révélé la volonté affichée de poursuivre sur la voie de l'augmentation de la population pour passer au statut rêvé de ville, comme s'il s'agissait d'un Graal à forcément atteindre... Incompatible avec le but d'atteindre la résilience au niveau de notre commune. Une politique de la mobilité ne desservant que les intérêts de la métropole lausannoise et les rêves de grandeur du canton, au détriment des besoins des habitants et de l'économie du Gros-de-Vaud, tout en appliquant des mesurettes pour ne pas égratigner le droit quasi divin accordé aux adeptes du transport motorisé individuel et aux sociétés de camionnage...

Restaient donc d'autres groupes, portés sur les fonds baptismaux par quelques citoyens engagés, et dont j'ai étudié les projets et idées pour y trouver celui qui correspondait le mieux à l'image de mon engagement. Au final, c'est auprès des membres de Echallens Autrement que j'ai trouvé ce qui me convenait: des personnes provenant d'horizons divers à tous points de vue, y compris politiquement; des gens animés par une culture du dialogue et des débats, et considérant que le bien-vivre de l'ensemble des citoyens est prioritaire par rapports aux volontés de croissances dites maîtrisées prônées par certains milieux économiques et les pouvoirs politiques cantonaux et fédéraux. Un mouvement politique, et non un parti politique; nuance importante...

Une nouvelle étape

Le dimanche 7 mars 2021, le mouvement Echallens Autrement se voit offrir par le vote des citoyens challensois 9 places au Conseil communal. Une nouvelle étape pleine d'espoirs peut commencer. De nombreux défis nous attendent durant les 5 prochaines années, pour assumer les décisions prises par les législatures précédentes et, surtout, tenter de réorienter les choix de la commune vers un avenir durable et aussi agréable que possible... autrement!